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WHEREISTHEONE - ou Marjorie à la recherche de Mister Right

WHEREISTHEONE - ou Marjorie à la recherche de Mister Right

Rechercher l'âme sœur quand on est célibataire à 34 ans (déjà!) et qu'on a "tout pour plaire" paraît-il...Searching for Mister Right, when you are 34 (already) and have "almost" everything...

Premier amour...

J'ai revu récemment un homme qui fut important dans ma vie.
Je l'ai revu il y a 2 mois à peu près, alors qu'on ne s'était pas vus pendant environ 8 ans, seulement parlé par téléphone régulièrement.

Au moment d'arriver sur notre lieu de rdv, j'avais un petit pincement au coeur, parce que tant d'années passées sans se voir, ça me faisait quelque chose. Je suis entrée dans le pub, et je l'ai vu tout de suite, au bar, lisant le journal. Le même, pareil, identique, toujours aussi charismatique, je l'aurais reconnu entre mille. Même de dos, comme il était.
Il faut dire que son premier amour, on ne l'oublie jamais...

Je suis allée droit sur lui, et il a senti ma présence. en se retournant, il a sourit après un centième de seconde de surprise, et bizarrement, les années sans se voir n'existaient plus tout à coup.

Il m'a fait la bise, timidement presque, et je devais avoir l'air terriblement bête avec ce sourire qui ne quittait pas mon visage tout en le fixant droit dans les yeux.

"tu es toujours aussi jolie" m'a-t-il dit...

Pourtant, Eddy, j'ai bien changé, tu le sais bien, ça se voit, non? Je n'ai plus rien du petit canon que j'étais à 20 ans, j'en ai le double, presque 40, avec quelques kilos en plus, des rides et des cheveux blancs. Bref, l'amour est aveugle, même probablement après des années, je suppose.



Nous sommes allés à l'écart du bar, dans un petit coin plus cosy, sur un grand canapé en cuir noir, et nous avons commandé à boire. Visiblement, il est un habitué car le patron le connait bien. Cela dit, quand on est officier de police municipale, on est connu de partout je présume.

temps.JPGNous avons parlé, avec retenue au début, mais très vite, tout est redevenu comme vingt ans en arrière, comme si jamais on ne s'était quittés, et on s'est raconté nos vies, ou du moins le peu qu'on ne savait pas l'un de l'autre, car il sait tout de moi ou presque, et je sais tout de sa vie tranquille et pépère de fonctionnaire marié avec la même femme depuis 20 ans.
Son mariage est toujours aussi plan-plan, sans accroc, malgré les hauts et les bas, et seul ce problème de n'avoir pas d'enfant le taraude toujours... il s'est résigné malgré tout, et se plie à sa volonté à elle. Même si je sens bien son amertume et que je pense sincèrement que la résignation actuelle laissera place un jour ou l'autre à de la tristesse et peut-être des regrets lourds, sinon de la haine et des reproches.

Il a lui-même abordé le sujet de faire un enfant ensemble, on en parle depuis 6 ans à vrai dire... On en parlait déjà avant que je ne me marie, le sujet est toujours actuel entre nous.



C'est étrange les liens qui se tissent entre les gens même lorsque la distance les sépare de longs mois ou des années. Des liens qui semblent indéfectibles, indélébiles, et que rien ne semble pouvoir briser.



Il m'a fait raconter ma vie, depuis mon divorce, et je ne lui ai rien caché de mes histoires toujours aussi foireuses d'ailleurs. Pourtant, malgré tout, il m'a trouvée très assagie, très calme, et moins sauvage qu'avant. Etrange... Mais il a raison, les rides et les cheveux blancs vont de paire avec la sagesse grandissante, sans doute!

Il a toujours cette douceur étonnante dans les gestes, dans les paroles, cette façon si posée de me parler. Rien n'a changé. Je sais pourquoi j'en étais tombée raide dingue à l'époque, c'est en lui, la douceur, la sensualité, la sagesse, l'écoute, la bienveillance, et le coté rassurant. Et ce regard qui n'a pas changé non plus. Celui qu'il pose sur moi, à nul autre pareil. Celui qui me fait baisser les yeux en me mordant les lèvres aussi. Parce que ce regard si sombre semble voir au travers de moi, toujours. Ses yeux bruns me font toujours le même effet ou presque, et je sais qu'il sait tout de moi quand il me fixe droit dans les yeux.

 

 

Il y a dix ans, lorsque l'on s'était revu après mon long séjour à l'étranger, il m'avait dit "c'est toi que j'aurais dû épouser", et là, cette fois-ci, il m'a dit "on aurait peut-être dû rester ensemble, finalement"

Pourtant, il y a 20 ans, c'est moi qui l'avait quitté.

Violemment, dans la colère, la jalousie, en le traitant de tous les noms d'oiseaux, une vraie furie. Mais ça, il a oublié, on dirait... En moins d'un mois je déménageais à l'étranger, sur un coup de tête, j'avais fait mes valises et je suis partie. C'est lui qui m'avait retrouvée 3 ans plus tard, un beau matin, en m'appelant sur ma ligne fixe à l'étranger, c'était un dimanche d'automne. Il avait eu mon numéro en appelant ma grand-mère à l'époque. Quelle surprise...

Il m'a tout pardonné, je me demande bien pourquoi. Je ne le méritais probablement doute pas, mais le temps adoucit les choses, sans doute...

 

 

temps-2.JPG

Ces heures avec lui m'ont parue si courtes, ce soir-là, je me sentais bien avec lui. Oh bien sûr, il n'est plus question d'amour entre nous, non, il a sa femme, qu'il aime, bien entendu, même s'ils se sont quittés deux fois en 20 ans dont 14 ans de mariage. Mais il revient toujours vers elle, qui lui pardonne tout.

Elle est plus cool que moi, c'est indéniable. Moi je ne pardonne jamais rien, à mon grand dam...

C'est peut-être bien cela mon plus gros défaut, d'ailleurs.
 

 

C'est elle dont j'étais jalouse, à cause d'elle que je l'ai quitté, il y a 20 ans. Et il est encore avec. SI je m'étais contenue, ce jour-là, au lieu de faire une crise de jalousie pour une nana rencontrée en boite, je me demande si j'aurais pu avoir la place qu'elle a aujourd'hui, elle, auprès de lui... mais avec des "si", on referait le monde.

A l'époque, j'étais bien trop jeune, bien trop sauvage, et certainement pas assez posée pour m'installer en couple, de toute façon, j'avais ma vie à vivre, et m'enfermer dans une vie de couple me semblait la mort définitive de ma liberté. Pourtant, quand l'amour est là...

 

APRES TOUT

En tous les cas, cette soirée avec lui fut touchante, et les quelques sms échangés dans la soirée après s'être quittés a démontré que nous avions tous les deux apprécié de nous retrouver.

il y a des liens indestructibles, en effet. Eddy, c'est un peu un grand frère, et même plus que cela pour moi. Il sera toujours présent pour moi, je le sais, et jamais on ne pourra s'ignorer. C'est un fait. et moi il m'appellera toujours sa "blondinette", même quand j'aurai les cheveux blancs.

 

Comme le chantait Michel Berger, j'ai cet air dans la tête quand je pense à lui :

Et quand nos regrets viendront danser autour de nous, nous rendre fous, seras-tu là ?
Pour nos souvenirs et nos amours, Inoubliables, inconsolables, Seras-tu là ?
Pourras-tu suivre là ou je vais ? Sauras-tu vivre le plus mauvais ?
La solitude, le temps qui passe, Et l'habitude regarde-les, Nos ennemis, dis-moi que oui
Dis-moi que oui

Quand nos secrets n'auront plus cours, Et quand les jours auront passé
Seras-tu là? Pour, pour nos soupirs sur le passé, Que l'on voulait, que l'on rêvait
Seras-tu là?

 

Avec lui, je sais que la réponse est OUI. Il sera là, toujours. Pour moi.

Comme je serai là pour lui, d'ailleurs, c'est une évidence.


Eddy.forever-friends.JPG
J'ai de nouveau passé du temps avec lui la semaine dernière. Sa femme était d'après midi, et il ne bossait pas. On a passé plusieurs heures ensemble de nouveau, en balade sous la pluie normande comme au bon vieux temps, et puis devant un chocolat chaud, près d'une cheminée, dans un autre pub.

Des heures de bonheur, de calme, de plénitude.
Avec lui, j'ai toujours 20 ans, même si je suis devenue plus sage et que je ne risque pas de lui sauter dessus pour l'étouffer de baisers comme il y a 20 ans, même si je ne risquerai jamais rien qui casserait cette profonde amitié, cet amour si particulier qui nous unit dans le respect de la vie de l'un et de l'autre. Je respecte son mariage, sa femme, sa vie, ses choix, et il respecte les miens. C'est ainsi.

Mais il est là pour moi, et il est un ancrage sûr et solide pour les moments où je me perds, il m'a soutenue dans les épreuves qui m'ont amenée à mon divorce, comme j'ai essayé de le faire lors de ses crises de couple. Le sien n'a pas explosé, le mien n'a pas tenu la route.

Eddy, qui ne comprend pas pourquoi je suis toujours seule dans la vie, qui ne me trouve aucun défaut ou presque... N'exagère pas, Eddy, tu me connais, non? Justement... C'était lui, le premier homme qui m'a dit "je t'aime" une nuit au téléphone, celui pour qui j'ai sauté dans mon jean pour traverser tout Rouen à pied à 3h du matin pour le rejoindre et me jeter dans ses bras cette nuit-là. On est inconscient quand on a vingt ans, on a des ailes dans le dos et peur de rien, on a la fougue de la jeunesse, et on pourrait décrocher la lune sans réfléchir...

 


Dire que rien n'a changé entre nous en 20 ans serait mentir.
Il a la sagesse que je n'ai jamais eue, mais qui m'a toujours fait tant de bien à son contact.
Il est aussi posé que je suis spontanée
aussi calme que je suis exhubérante
aussi pépère que je suis speed

il n'a pas changé, je trouve. Juste ses cheveux qui ont blanchi... Quelle classe...
moi je suis devenue plus sage, sans doute l'âge...

Nous n'étions pas sur les mêmes rails à l'époque, je vivais à 200 à l'heure, un vrai TGV, avide de tout. Mais il semble que nos deux trains de vie filent maintenant à la même vitesse, étrangement.

Dommage, il est à 500 bornes de chez moi.
Dommage, il est marié.

J'ai aussi raté le train avec celui-ci,
il semble que je sois vouée à rater tous mes trains dans cette vie.


Qui sait si rater son premier train ne fait pas rater tous les autres derrière, dans une vie? Tout est affaire de correspondances. Quand on commence une journée en retard, on la termine immanquablement en retard aussi, alors pour les trains, si on rate le premier, on les rate tous par la suite, non? C'est irrémédiable, probablement... J'aurai toujours des trains de retard, il faut me rendre à l'évidence.


Où serons-nous dans vingt ans, lui et moi? il m'arrive de me poser la question.

forever-friends-2.JPG 

 

En tous les cas, il fait partie de ma vie, m'aide, me conseille, et je sais que je peux compter sur lui, quoi qu'il arrive.  

Je lui demande des conseils régulièrement sur mes histoires, sur les hommes qui passent dans ma vie sans jamais s'y arrêter, et il sait me dire quoi faire, me donner son point de vue d'homme.

Et il sait aussi, parce qu'il me connait, me remonter les bretelles quand je vais trop loin ou que j'agis mal, il ne se gêne pas pour le me faire remarquer.



Alors parfois, je me dis que mon premier amour était peut-être le seul que j'aurais dans cette vie, la seule vraie histoire qui compte vraiment. Au final, il se pourrait que l'on n'ait qu'une chance dans la vie, et que lorsqu'on la laisse passer bêtement, par vanité ou par orgueil, parce qu'on est impulsif ou irréfléchi, ou tout cela à la fois, eh bien on y perd tout, pour toujours.

Je ne sais pas si l'on est passé à coté l'un de l'autre, si l'on n'était destiné qu'à être de vrais amis sincères et proches, ou si l'on aurait pu faire quelque chose. Parfois je me dis qu'avec lui j'aurais peut-être, sans doute, eu la vie dont je rêvais. Des enfants, c'est certain, probablement 2 ou 3, comme il le voulait aussi, et des gros chiens. C'est bête, mais il vient d'enterrer son 3e chien, un dogue de Bordeaux. Et moi j'en suis aussi à 3 chiens, avec ma dogue et ma deuxième golden. Un homme posé et aimant, des enfants, des chiens et une maison, tous les ingrédients du bonheur, finalement, selon mes critères. Comment ai-je pu ne pas le voir...


Le temps a passé, la vie a défilé, nous avons fait des choix, chacun de notre coté. Mais certaines rencontres dans une vie sont destinées à rester gravées pour toujours, quoi qu'on fasse, quelle que soit la route empruntée.


Il n'y a pas de hasard dans une vie, j'y crois de plus en plus.

Juste les petits cailloux du Destin, semés sur notre route, pour que l'on trouve son chemin sans perdre l'essentiel.


Et ça, c'est quand même de l'amour...

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