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WHEREISTHEONE - ou Marjorie à la recherche de Mister Right

WHEREISTHEONE - ou Marjorie à la recherche de Mister Right

Rechercher l'âme sœur quand on est célibataire à 34 ans (déjà!) et qu'on a "tout pour plaire" paraît-il...Searching for Mister Right, when you are 34 (already) and have "almost" everything...

Apprivoiser un animal sauvage, et un zani-mâle sauvage...

En tant que comportementaliste, je suis sensée être une spécialiste des comportements canins. C'est en effet ce que j'ai étudié. Bien entendu, je suis spécialisée en CHIENS... Des canidés, en fait, donc ni les chevaux, ni les ours, en principe...

Des compétences qui me permettent en théorie d'analyser, comprendre les origines des comportements et agir en conséquence pour corriger un comportement canin considéré comme gênant par son propriétaire. Tout cela se fait en étudiant, entre autres choses, l'ETHOLOGIE : La science de l'espece et son comportement.

Apprendre à respecter l'espèce dans son animalité est important. On ne contraint jamais un animal, on l'invite plutôt à agir de la façon qui nous agrée et à lui de décider ou non, d'agir ainsi. Simple, vous croyez? pas tant que cela. Je suis donc totalement contre certaines méthodes d'éducateurs ou dresseurs canins quand ces méthodes ne sont pas respectueuses de l'animal et ses besoins primaires. Je déteste contraindre par la force, l'idée de dominance me révulse quand elle implique toute forme de violence. Mais ce n'est pas le sujet de cet article!



Bref, tout cela pour en venir à mes différentes expériences avec des zani-mâles...

Des chiens craintifs, j'en ai traité plusieurs. C'est une question de confiance, de patience, de volonté, et d'humilité parfois. Mais les chiens, c'est presque facile pour moi.

 

 

Le cas de SISAL

J'ai eu l'occasion d'aider un cheval pendant l'été 2010, proche de chez moi, qui était sauvage à 4 ans, et refusait tout contact avec l'être humain. Rien à voir avec un chien, me direz-vous, en effet. Bref, c'est une coincidence de la vie, qui l'a mis sur mon chemin, et m'a donné envie de mettre mes compétences au service de ce cheval, dénommé Sisal.

Sisal est un Fjord, un grand poney magnifique, qui, à 4 ans, n'approchait pas l'homme. J'ai passé chaque jour de l'été 2010 dans son box, près de lui, pendant minimum une heure tous les jours. Certains dimanches, j'y passais l'après midi, assise près de lui, sans bouger, juste à le regarder (mais jamais dans les yeux) et souvent à lui parler. A force de persévérance, de patience, de calme, de douceur, j'ai finalement réussi à entrer en communication avec lui, pour lui faire accepter mon approche et lui passer un licol. Tout cela en respectant sa distance critique, autrement dit la limite en deçà de laquelle l'animal ressent un danger et produit donc un comportement extrême. Je n'envahissais jamais la seconde moitié de son box, je respectais sa distance critique pour ne pas l'effrayer.
fjord-1.JPGSans rentrer dans les détails de ma façon de communiquer avec les animaux, qui me ferait passer pour une hurluberlu de toute façon, je dirais que je lui ai donné un ultimatum : accepter que je lui mette un licol. En fait, soit il acceptait le licol, soit son maitre l'envoyait à l'abattoir car il était inutile sur la ferme et encombrant, ce que je trouvais personnellement révoltant pour ce bel animal, et raison pour laquelle j'ai eu envie de tenter une expérience inédite pour moi.
Ce licol, je le lui ai présenté, fait renifler, et l'ai laissé deux jours près de lui, avant de finir par l'approcher de sa tête pour le lui passer, et il a accepté mon geste, tout en douceur, et sans broncher ni avoir de mouvement de recul.

Fière de moi, et de lui surtout, je me suis félicitée de tout ce lourd travail d'approche lente, patiente et récompensée par son acceptation de ma main sur son museau, son encollure, et enfin sur ses épaules et son dos.

Des étapes différentes par l'apprivoisement de l'un par l'autre, car j'ai aussi passé des nombreuses heures ensuite, assise en tailleur au milieu de son champs, avec des pommes a mes pieds, que je découpais et posais sur mes genoux pour qu'il vienne se servir... Et il venait, par derrière ou de biais au début, n'approchait jamais de front afin de pouvoir toujours m'avoir à l'oeil. Fourbe, me direz-vous? Probable. Mais surtout méfiant, préservant sa distance de fuite, et ne restant dans sa distance critique que par gourmandise, et furtivement.

Moi, je l'ai laissé se familiariser avec moi, venir me renifler, me toucher, sans jamais bouger, et en parlant à voix basse, posément. Je sentais l'air chaud de ses naseaux m'effleurer les cheveux, la nuque, le dos, les épaules, les bras, alors que je n'étais pas rassurée d'avoir dans mon dos pres de 700 kgs de cheval sauvage, craintif et surtout imprévisible. Je dois bien dire que je n'étais pas rassurée tout le temps non plus, car il sortait sa langue pour gouter ma peau, et j'ai senti ses dents plus d'une fois. Une façon très animale de faire ma connaissance, et je l'ai laissé faire. Il a même tenté de me mordre une fois, pour me tester, et des dents de cheval sur la peau, c'est efffrayant, surtout quand on sait qu'il ne faut pas faire un geste brusque pour ne pas voir l'animal s'enfuir de nouveau et devoir recommencer 3 semaines d'approche à zéro. Il m'a d'ailleurs mordu une fois la main, et écrasé deux doigts de pied, mais jamais je n'ai réagi brusquement, tout en lui faisant comprendre que certaines attitudes n'étaient pas souhaitables. Quel travail, sur moi-même, quelle maîtrise de moi, et quel progrès pour lui!!!

Aujourd'hui, plus d'un an après, Sisal se laisse toucher, approcher, prendre les sabots, il accepte une couverture sur son dos, une corde autour du cou, accepte de s'approcher quand on l'appelle, et de se faire promener au licol. Il est resté à la ferme, sans aller à l'abattoir. Ce travail effectué avec lui a été bénéfique, alors que je ne connaissais que peu de choses aux chevaux, et a fortiori aux chevaux sauvages. Je n'ai fait qu'appliquer au cheval ce que je savais sur les chiens et les loups, et ce que je pouvais ressentir près de lui, ce que cet animal me communiquait par ses postures, et par l'énergie qu'il dégageait en ma présence, par ce que je ressentais, par la confiance que j'ai réussi à instaurer.

Je pense souvent à lui, et je passe le voir de temps en temps, j'aime ce cheval magnifique, et si j'avais le terrain suffisant, je pense que je le prendrais à la maison.


Les Chiens, le cheval, pourquoi pas un autre animal???

J'ai réussi un sacré challenge avec un cheval, alors, ces jours-ci, je me dis que j'essaierais bien avec un autre genre d'animal, juste pour voir... Et là, je ne veux pas parler d'un animal ANIMAL, mais bel et bien d'un zani-mâle particulier : un genre d'ours sauvage...

nounours-3.JPGRare dans nos contrées, mais très singulier, et surtout, hors du commun. Une race bipède, pas trop poilue, et plutôt sauvage malgré les apparences. C'est un zani-mâle mi humain mi ours... Difficile à comprendre, à cerner, et surtout, le plus important, quasiment impossible à apprivoiser.

Je me dis que c'est un sacré challenge, mais si j'ai réussi avec une espèce dont je ne savais rien, peut-être y réussirai-je avec une espèce à demi connue...

La suite reste à venir, le travail sera long à mon avis...

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