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WHEREISTHEONE - ou Marjorie à la recherche de Mister Right

WHEREISTHEONE - ou Marjorie à la recherche de Mister Right

Rechercher l'âme sœur quand on est célibataire à 34 ans (déjà!) et qu'on a "tout pour plaire" paraît-il...Searching for Mister Right, when you are 34 (already) and have "almost" everything...

L'homme à marier

J’ai fait une rencontre en août, bien involontaire. En tous cas, que je n’ai pas provoquée.


Ma voisine, la charmante Mady, du haut de son 1m50 et ses 63 ans est triste pour moi que je sois célibataire, moi qui suis « si jeune, si jolie, si adorable et avec tout ce qu’il faut pour rendre un homme heureux », comme elle dit. Donc voilà Mady la marieuse de ma rue, ma voisine directe, qui comme à son habitude veut tout faire pour me caser, qui m’appelle un jour au téléphone, tout excitée.


« Marjorie, c’est urgent, il faut que tu passes à la maison, j’ai une surprise pour toi. Surtout, sois mignonne, et adorable, enfin… comme d’habitude quoi! 

Tu vas voir, c’est une surprise »

 

Là, pas besoin de traduction, j’ai tout de suite pigé que c’était une de ces rencontres arrangées dont elle seule a le secret. Malgré ses 63 ans, elle parle comme une gamine a qui on a promis une sucrerie, tellement elle trépigne d’impatience de me présenter la perle rare qu’elle vient de me dénicher.

Moi je m’en amuse d’avance, car la dernière fois, elle s’est bien plantée en me présentant un type charmant mais homosexuel jusqu’au bout des ongles, au point qu’elle n’en est pas revenue tant elle n’avait rien remarqué dans sa grande naïveté.

 

Il faut dire que Mady, de son vrai prénom Marie-Madeleine (ça ne s’invente pas !) est une femme qui a toujours été gâtée toute sa vie (et elle le reconnaît !), d’abord par ses parents, ensuite par un mari d’une gentillesse, d’une générosité et d’une sagesse incroyables, genre philosophe zen, intellectuel plongé en permanence dans ses pensées, son bricolage minutieux qui l’occupe trois quart d’heure pour scier une planche au millimètre près tant il est pointilleux.


C’est un ancien ingénieur à la retraite Claude, et il est très consciencieux, très maniaque, très soigneux, très sage.

Alors que Mady, elle, c’est une femme dynamique, bavarde, extravagante, originale, nature, spontanée, à la voix criarde presque agaçante, une artiste peintre parfois délirante, un moulin à paroles qui connaît tout le monde dans le village, un vrai feu d’artifice de couleurs à elle toute seule. Ses deux maisons sont à son image, toutes les pièces sont peintes des murs au plafond, des fresques naïves et colorées partout, des paysages du bout du monde dans toutes les chambres. Elle n’a pas eu besoin de papier peint pour les murs, sa créativité est partout, ses toiles (acryliques et aquarelles) sont accrochées sur chaque centimètre carré de mur qu’elle peut trouver, et ses délires s’affichent jusque sur ses boites aux lettres et ses radiateurs.


Quand elle donne son adresse pour sa maison du Mans, elle précise que c’est la seule maison aux volets roses de la rue, et effectivement, c’est bien la seule que l’on remarque, je ne m’y suis pas trompée même lors de ma toute première visite. Mady est donc une artiste avec tout ce que cela comporte de plus délirant. Un personnage haut en couleurs, mariée à un homme qui pourrait paraître fade et gris en comparaison. Mais Claude est un intello introverti, qui parle peu et bas, d’un ton monocorde, pausé, et avec qui l’on a des conversations, pas du papotage. Mady quant à elle n’est pas intello du tout, elle est juste elle-même.

 

A part élever ses filles, peindre et voyager, elle n’a jamais fait grand-chose dans sa vie. Maintenant, elle passe son temps à acheter a tour de bras des choses inutiles dans les brocantes ou à la croix rouge, puis bazarde tout sur son trottoir la semaine suivante pour les miséreux qui ne manqueront pas de passer devant chez elle pour tout récupérer. Mon étonnement du début de voisinage avec elle lorsque je voyais tout un tas de fourbis sur le trottoir est vite passé une fois que j’ai eu appris à la connaître. Malheur à moi si elle voit que je fais du vide dans mes armoires et que je prépare des sacs de fringues pour la croix rouge, car elle s’empare des sacs plus gros qu’elle et les ramène dans son salon sous les yeux de Claude qui ne dit rien mais n’en pense pas moins…

 

Idem pour les vide greniers, j’ai eu le malheur de proposer à Mady de m’accompagner une fois, histoire de faire une ballade à pieds avec ma Roxane, à l’autre bout de la ville. La petite sortie a vite tourné aux grandes courses d’avant hibernation. Nous avons mis plus de 4h à faire le tour des stands, à parler à tout le monde, à remplir un sac, puis un autre, puis acheter un panier, le remplir aussi, etc… Et au final, nous sommes rentrées les bras chargés de choses plus moches les unes que les autres, absolument inutiles mais pas chères, et il a fallu demander à Claude de retourner chercher le reste avec sa voiture tant elle en avait fait mettre de coté. En quatre heures, j’ai eu le temps d’attraper des coups de soleil monstrueux sur les épaules, n’ayant pas prévu de passer ma journée dans un vide grenier sous un soleil de plomb. Mais cette chaleur n’a pas eu raison de la toujours aussi volubile Mady, qui a continué à saouler Claude de paroles, pendant le trajet en voiture jusqu’au vide grenier.

 

Bref, ma voisine Mady est une originale, qui a le cœur sur la main, qui est d’une naïveté déconcertante par moments et se comporte parfois comme une môme de 15 ans, qui est généreuse de nature, ouverte, extravertie et souvent fatigante, mais adorable.

 

Ils forment un couple très bizarre, lui étant la sagesse incarnée, alors qu’elle est tout le contraire.

Comme Claude le dit si bien, Mady parle assez pour deux, alors il peut se taire :-)

Le feu et l’eau, c’est comme cela qu’on peut le mieux les décrire.

Mais 47 ans de mariage, tout de même !  Et Mady n’en voudrait pas d’autre, de mari, car jamais elle n’a été plus heureuse qu’avec son Claude. « Malgré tous ses défauts et bien qu’il soit extrêmement mou et chiant, je l’adoooooooore » comme elle dit… « mais qu’est-ce qu’il est chiant ! » qu’elle rajoute toujours tout bas…

 

Alors, tout ce bonheur là, elle voudrait tellement que je le connaisse moi aussi… Parce que, dit-elle, « moi je suis heureuse depuis 47 ans, et je voudrais que tout le monde soit heureux comme ça, et toi, tu es comme moi à ton age, tu as tout pour plaire, tu mérites un homme adorable aussi » D’ailleurs, si elle le pouvait, Mady, elle marierait tous les célibataires de la région. Ca la rendrait heureuse je pense.

 

Donc comme ce jour là, mes fenêtres étaient fermées, ce n’est pas par-dessus la haie que j’ai entendu des « Marjorie ! Marjorie, tu es là ??? », mais bel et bien par un coup de fil qu’elle m’a prévenu de ma surprise… Me voici donc qui m’apprête à aller dans la maison d’à coté, pour une « surprise » dont je connais d’avance la teneur. J’arrive donc chez elle, et je la trouve attablée avec un certain Michael, charmant jeune homme qu’elle me présente. Elle l’a rencontré au port ce matin, en allant acheter son poisson, et elle a sympathisé avec lui. Ensuite elle l’a invité à partager son poisson chez elle, car elle était seule le midi et préférait un peu de compagnie. Claude n’est pas ici cette semaine, il s’est absenté quelques jours pour un souci à régler au Mans, et Mady s’emmerde, alors, elle papote avec tout les gens qu’elle croise, au marché, au port ou ailleurs.

 

Michael s’est donc trouvé sur la route de Mady, car il allait lui aussi acheter son poisson au port, en vélo, comme toujours lorsqu’il est en congé. Michael a 35 ans, il est beau mec, sportif, un sourire charmant, une certaine classe, de l’éducation, bref, il a tout du gendre idéal, c’est vrai. Mady l’adore, c’est évident. Je m’installe avec eux pour prendre le thé, et on discute de plein de choses sympas. Il a de l’humour, il est avenant, souriant, aucun soucis. Une petite demie heure passe, et le devoir me rappelle à mes obligations professionnelles.

 

Je les laisse donc et prends congé, me doutant que je ne vais pas manquer de revoir Mady avant la fin de la journée. En effet, deux heures plus tard, elle vient frapper à ma porte pour me demander de son air malicieux ce que j’ai pensé de Michael.

Que dire ? Un mec sympathique, et mieux que tous ceux qu’elle a pu me présenter jusqu’à présent. En tous cas, Mady, qui lui a fait un interrogatoire en règle, me vante ses nombreuses qualités, son physique très agréable, son éducation irréprochable, son sérieux, sa carrière prometteuse, etc etc… Elle ne me l’aurait pas mieux vendu s’il avait été son propre fils.

Et comme Mady est une entremetteuse, elle s’est permise de lui donner mon numéro de téléphone et me donne le sien, bien évidement.

 

Au bout de deux semaines, je n’ai rien fait pour le contacter, et lui non plus. Moi j’ai beaucoup à faire de mon coté, et pas de temps pour aller boire un verre, et lui est soi-disant timide. Il faudra donc un petit coup de pouce de cette chère Mady -qui se mêle souvent de ce qui ne la regarde pas- pour qu’un soir je reçoive un texto. Nous nous accordons donc pour se voir un jeudi soir, et on se retrouve devant chez moi. Il arrive dans une jolie Passat break gris perle, quasi neuve, et on peut dire que le mec est classe. Exit la tenue du cycliste sportif, le short moulant couleur flashy et le tee shirt Adidas. Le voir habillé lui donne le charisme qui lui manquait encore. Charme discret, galant, bref, rien  à dire. De mon coté, je suis comme d’habitude, en jeans, talons et pull sympa, bref, rien de clinquant, de tape à l’œil, juste ce qu’il faut de maquillage discret, naturelle comme toujours, je suis MOI. Nous passerons la soirée ensemble, dans un bar puis au resto du coin, à bavarder de tout un tas de choses. Il est dans la région depuis environ 4 ans comme moi, travaille chez Airbus à St Nazaire, vient de faire construire sa maison et est encore en plein travaux. Il vit avec son petit chat qu’il a trouvé un beau matin dans son jardin. Bref, le genre de mec qui réussit son petit bonhomme de chemin dans la vie et à qui cela va bien. Lui aussi a tout pour lui, mais bizarrement, je sais que je n’ai rien à faire avec un homme comme lui.

 

Difficile, moi ? Probable. Disons que j’ai davantage l’impression d’être avec un petit frère qu’avec un homme, malgré ses 35 ans, et je trouve qu’il manque de maturité. Pourtant, c’est le genre d’homme qui m’aurait fait craquer si j’avais eu 25 ans, c’est clair. Mais là, rien à faire, il y a un décalage.

Il n’a pas de faille, il en est presque lisse. Le genre de jeune homme trop bien élevé, pas un pet de travers, tout bien comme il faut. Il n’a visiblement pas de défaut, le genre de prince jeune, beau, riche, intelligent, intéressant, bref, le gendre idéal… J’exagère à peine.

Mais on sent qu’il vient d’un milieu correct, qu’il a eu une vie bien tranquille, bien rangée, dans une famille unie, bref, un petit mec sans histoire dans une famille tout ce qu’il y a de plus politiquement correct. Pas un grain de sable n’est venu enrailler ce beau mécanisme, et après ses études, il a commencé une jolie carrière dans un gros groupe, son avenir est tout tracé, matériellement assuré, bref, il ne lui manque plus qu’une jolie petite fiancée pour parfaire le tableau.

 

Pour ma part, je pense que je l’intimide sûrement, avec mon caractère affirmé, mon vécu visiblement plus chaotique que le sien, bref, il est adorable, mais il n’est pas pour moi. Et puis il fait si jeune que je ne le verrais même pas en père de famille, il a l’âge des sorties en boites, des soirées arrosées, des virées entre potes, même si je l’imagine mal un peu éméché… en tous cas, je ne me vois pas avec un homme ayant si peu de caractère a priori, même si je ne vois rien que l’on puisse lui reprocher. Il fera le bonheur d’une jeune demoiselle adorable, j’en suis certaine.

 

Voilà donc ma rencontre du mois d’Août dernier, nous sommes restés en bons termes et nous avons ré-échangé quelques mots un jour que nous nous sommes croisés en centre ville, mais on en restera là. Il est très bien, mais manque de maturité pour moi, et cela n’a pas étonné Mady quand je lui ai fait mon petit compte rendu de rendez-vous. Parce que bien évidement, il a bien fallu que je lui fasse part de la suite des aventures. Bien sûr, elle était un peu déçue que sa surprise ne soit pas encore la bonne, une fois de plus, mais cela ne m’étonnerait pas qu’elle me présente un autre candidat prochainement. Elle a plus d’un tour dans ses manches, et n’est pas le genre à baisser les bras si facilement lorsqu’elle a quelque chose en tête.

 

Quand je dis que le célibat, ça gène davantage les gens en couple que les gens seuls, je n’ai pas tout à fait tort…

 

Sacrée Mady tout de même… Il n’en existe pas deux comme elle, c’est clair !

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pingouin 14/11/2006 09:08

Oups, avec beaucoup de retard, je remet ce post car il avait été squizzé à l'époque !!!!
Donc même si c'est now hors contexte :
Bien vu, Nanou... tu me l'enlève de la bouche !!
Marjorie, essaie de te procurer ce film avec Matt Damon. J'ai du le regarder plusieurs fois pour retrouver ce passage où Robin William (vieux sage) "recadre" un peu Matt Damon (chien fou écorché par la vie) fourvoyé dans ses certitudes.
film très émouvant, avec une belle histoire d'amour en devenir.
NB : Marjorie, c'est vrai je ne suis pas un lecteur assidu de ton blog (j'en lis d'autres aussi), mais j'aime assez ton état d'esprit et ta vision qui semble lucide sur l'attitude à adopter face à ce(ux !) qui se présente(nt). Mais je pense aussi qu'a trop vouloir trouver le "bon" de suite, tu réduis considérablement les possibilités de trouver la bonne personne. Rien n'empêcher aussi d'essayer de changer les choses à (modeler) à partir d'une "bonne base de travail"... et puis rien n'est immuable, c-a-d ce qui convient à l'instant t ne convient plus à t+1. Toi aussi tu évolues dans le temps et dans l'esprit des autres !!

 

Epicurieux 12/11/2006 14:11

Et oui ça arrive les jolies rencontres mais pas souvent ;-)Si tu as un peu de temps, consulte donc mon blog : http://epicurieux.over-blog.com/

Maxx 06/11/2006 17:37

"et puis après tout, mon homme va bien finir par me trouver non ?Le temps des longues chevauchées à travers les bois et les ronces, les faux chemins , les dragons est révolus ! Vive les voitures et le GPS ..Coment se fait il qu il ne m aie donc pas trouvé ?"depuis le temps qu'on les entend ces récriminations...oui, je sais, c'est du second degré, mais bon...c'est toujours aux hommes que revient la tâche de vous trouvez, VOUS. et vous, vous faîtes quoi ?vous baissez (trop) facilement les bras dès que ça ne vous plaît plus de "chercher" ... :-)enfin... quand je lis qu'un mec de 35 ans peut être encore "immature"... je me marre... on me sort déjà la même chose alors que je n'ai même pas 25 ans (mais que d'autres se marient pendant ce temps)...qu'est-ce que vous voulez... c'est peut-être vous les femmes, qui murissez trop vite...? ;-)

Whereistheone, alias Marjorie 06/11/2006 18:41

peut-être bien Maxx !

Nanou 05/11/2006 00:27

A Bernard: je pense que c'est peut-être Robin williams dans Will Hunting qui a effectivement ces propos très justes envers l'idéaliste Will qui hésite à s'engager avec une fille parce qu'il a peur que le reste ne soit pas à la hauteur du début de la relation (= "les papillons dans le ventre"). Ca commence par "laisse-moi t'épargner le suspense, personne n'est parfait. Un jour, oui, tu t'apercevras qu'elle a des défauts mais..." Et tu as grosso modo dit la suite. Ce passage est très vrai et très touchant.
Car C'EST EVIDENT: L'HOMME/ LA FEMME PARFAITS n'existent pas. Il faut forcèment un jour ou l'autre réviser ses prétentions à la baisse, et finalement on se rend compte que c'est pas si mal. C'est le mode d'emploi, on n'y peut rien!

Whereistheone, alias Marjorie 05/11/2006 01:07

merci pour ces précisions, je n'ai pas vu le film!et c'est sûr, je cherche mon homme idéal mais je veux qu'il ait des défauts aussi, sinon, il sera bien chiant, et ne supportera pas les miens, ca serait dommage ;-)

vansou 04/11/2006 20:09

une de mes cousines qui a eu une vie assez romanesque, actrice à succès cheri allant de Beatty à Keitel ... mais pas bête (eh oui ça arrive mais c'est rare !) m'a récement avouer du haut de ses 44 ans et un enfant (avec un papa resté le temps d'acoucher ! ) avoir enfin trouvé the one, parce qu'il est fou amoureux de chacun de ses défauts (petits ET grands !) et elle a ajouté, "un moment donné c'est là que se cache le  luxe dans la vie d'une femme..." 
à méditer ! en attendant j'attends le mien... (ps : mes défauts sont riquiqui promis !)

Whereistheone, alias Marjorie 05/11/2006 01:03

et les miens sont minimes aussi :-)mais tout de meme, c'est ce qui fait notre charme, n'est-ce pas???Bises Vansou et t'inquiete, on le trouvera!!