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WHEREISTHEONE - ou Marjorie à la recherche de Mister Right

WHEREISTHEONE - ou Marjorie à la recherche de Mister Right

Rechercher l'âme sœur quand on est célibataire à 34 ans (déjà!) et qu'on a "tout pour plaire" paraît-il...Searching for Mister Right, when you are 34 (already) and have "almost" everything...

Monsieur Pas de Chance

Quel fut mon pire rendez-vous ? Excellente question. Je m’en souviens encore et ça remonte à quelques années déjà. Avant même que je ne rencontre celui qui serait mon deuxième partenaire de vie commune, donc probablement 8 ans. Eh oui, le temps passe vite…

 
Premiers pas sur le net

Mon expérience des sites de rencontres en était à son balbutiement, et le site utilisé était loin d’être aussi complet que ceux existants à l’heure actuelle… Alors, une description physique sans photo suffisait à attirer mon attention.

 

C’est ainsi que j’ai fait la connaissance de Philippe! D’ailleurs, je devrais plutôt l’appeler Philiiiiiiiiiiiiiiiiiiiipe. De toutes façons, il ne risque pas de se reconnaître celui-ci, l’eau a tellement coulé sous les ponts.

 

Gaillardement, je lui laisse un petit message succinct et mon numéro de téléphone. Pas effarouchée la fille !!! Mais à 25 ans, on n’a peur de rien ! Et pourtant, quelle expérience !!!


Présentation 


Le soir même, coup de téléphone, et il se présente.

« - euh… B…b… bonsouaaaaaaaaaaaar, c’est Philiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiipe, euh… du site XXX 

-         ah oui, bonsoir, tu vas bien ? merci d’appeler si vite, c’est sympa. »

 

Le jeune homme de près de la trentaine semble timide, mais bon, il se déride au fil de la conversation, je ne suis pas plus à l’aise à vrai dire, même si je ne bafouille pas autant que lui. Je décide de passer outre et de l’écouter.

 

Très vite, il fait un monologue.

Il n’a jamais vécu en couple

Il n’a jamais eu cette chance

Il n’a donc pas d’enfant (logique)

C’est bien dommage à son âge

Il a un chouette boulot bien que ce soit loin de chez lui

Il fait beaucoup de route car il est commercial

Il n’a pas la chance de travailler près de chez lui

Il vient de s’inscrire sur le site

Il cherche la femme de sa vie

Il n’a jamais de chance avec les femmes

 

Moi, je suis assise sur mon canapé et je gribouille sur mon carnet, comme d’habitude, en interrompant le monologue par des « ah bon », « en effet », « pas mal », etc… c’est dire tout l’intérêt que je ressens !

 

Il parle, il parle, il parle, un vrai moulin à paroles…

Et je me surprends à dessiner un canard sur mon carnet. Parce que sa façon de parler me fait penser à Donald. Oui, il parle en canard, en laissant traîner les syllabes aiguës un peu longuement, ce qui renforce cet agacement que je commence à ressentir…

 

Finalement, dans son discours, il n’a de chance dans rien, du moins c’est ce qui en ressort.

 

Moi je suis ravie, j’ai la chance d’être tombée sur lui :-)

 

Ouf ! Un break dans son discours, je profite de ça pour lui dire que la chance sourit à tout le monde un jour où l’autre, et il embraye alors sur une probable rencontre. Comme je viens de m’inscrire sur le site dans ce but et que tel le chevalier Bayard, je n’ai peur de rien, je lui dit OK pourquoi pas ?

 

Rendez-vous est pris

On se met d’accord pour le lendemain soir devant le théâtre des arts de Rouen, grande esplanade sur laquelle il est difficile de ne pas se trouver. Et il continue son discours d’un intérêt tout aussi relatif que précédemment. J’apprends des choses intéressantes cela dit :

-         il aime bien s’habiller et porte des chemises Manoret ou quelque chose dans ce goût là (je ne connais pas personnellement),

-         il ne met que des chaussettes en pure laine vierge sinon il a des problèmes de pieds,

-         ses chaussures ne sont que 100% vachette avec semelle intérieure cuir, bref, j’arrête là pour la garde robe car vous allez finir par vous endormir…

 

Je lui demande s’il rentre tard le soir, histoire de faire celle qui s’intéresse un tant soi peu à lui (qui ne m’a encore pas demandé quoi que ce soit entre parenthèses !) et il me dit qu’il mange souvent sur la route, en rentrant du boulot. J’apprends une chose capitale, c’est que la viande est plus tendre chez Chantegrill que chez Courte paille, au moins, je sais où aller manger sur l’autoroute quand je rentre maintenant…

 

Faisons court, au bout de ¾ d’heure, tout de même, je baille aux corneilles et je lui dit que je suis fatiguée, que je vais me coucher. On se voit le lendemain, donc on raccroche. Trop fatiguée, ou peut être complètement endormie par un monologue de canard, je n’ai aucun avis si ce n’est que j’ai déjà l’impression que je vais me faire royalement ch… au rendez-vous…

 

Si c’est ça, les rencontres Internet, ça commence bien ! C’est sûr que maintenant, je suis nettement plus sélective, j’en ai pris de la graine !

 

Le rendez-vous

20h le lendemain, j’arrive au théâtre des arts, je m’assois sur un banc. Il fait nuit, les voitures circulent tout autour et devant moi, elles s’arrêtent au feu tricolore qui est le dernier stop avant le franchissement du pont vers la rive Sud de la ville. Beaucoup de véhicules, un ballet incessant de voitures, de bus, de deux roues, bref, somme toute normal pour cette heure à cet endroit…

 

Les minutes passent, et il n’arrive pas. Le feu passe de nouveau au rouge. J’aperçois soudain un grand gaillard qui sort d’une Renault 5 arrêtée au feu rouge, et qui commence à faire de grand signes de bras en me criant « ouh !ouh ! je suis là, j’arrive !»

 

GLOUPS!

Est-ce lui ? Ce gugusse ? Je prie pour que ça ne soit pas lui, mais j’ai beau regarder alentours, il n’y a personne d’autre que moi devant le théâtre… Je ne bouge pas, je reste assise paisiblement sur mon banc. Paisible ou pétrifiée ? Je ne sais pas encore.

Le feu passe au vert, et lui remonte dans sa voiture pour redémarrer alors que certains impatients commencent à klaxonner…

 

Dix minutes passent de nouveau quand j’entends derrière moi les pas lourds de quelqu’un qui arrive en courant. Je me retourne, et c’est bien lui, à moitié tremblant, haletant, transpirant, qui balbutie un « tuuuu… tu es bieeeeeeeeennnnnn Marjorie ? »

« Oui oui, c’est bien moi, bonjour » réponds-je en souriant

« tu m’as pas vu au feu quand je te faisais signe ? »

Euh… que dois-je répondre ? je fais l’ignorante, non désolée, je ne l’avais pas remarqué. Je suis certainement la seule dans tout Rouen rive droite d’ailleurs quand on y pense…

Je me voyais mal sautiller sur le banc à mon tour en agitant aussi les bras dans les airs en criant « je t’attends Philiiiiiiiiipe, je t’attends ! »

 

Il est fier de m’avoir trouvée, s’excuse d’avoir dû tourner en rond pour trouver une place, car il n’en trouve jamais, il n’a pas de chance avec les places de parking non plus.


ENNUI MORTEL

Nous nous retrouvons dans le premier bar du coin, inutile de traîner en longueur, le bar le plus agréable de la ville sera d’un ennui mortel avec lui. A moins d’aimer les maladroits et de trouver à leur gaucherie un charme inimitable. Mais personnellement, les Bozo le clown m’amusent assez peu, tout comme les mister Beans.

 

Il est tout sourire, et me dit que c’était obligé que je le reconnaisse, « tu vois, c’est bien la chemise Manoret dont je t’avais parlée hier » Pour sûr ! Je l’aurais reconnu à sa chemise…

 

Il repart dans un monologue, et moi je tourne ma paille dans ma grenadine pour faire fondre les glaçons en pensant à mes priorités au boulot le lendemain matin, mon rdv avec un gros client et j’ai une terrible envie de rentrer me prendre un bain et de me coucher.

 

Pauvre Philiiiiiiiiiiiiiiiipe !!

Je suis la première personne qu’il rencontre sur le site, il est content car son expérience en agence n’a pas porté ses fruits. Il a dépensé beaucoup d’argent déjà et n’a pas eu de chance.

L’agence était aussi mauvaise que les deux précédentes… Moi je pense que traîner des années dans les agences, ça n’est pas la meilleure solution. Et à le voir, on comprend presque pourquoi il est encore tout seul. Il dit qu’il n’a pas de chance avec les agences. Voilà la teneur des deux premières minutes de conversation.

 

Il n’a pas de chance avec les femmes, qui ne veulent jamais le revoir. Il poursuit sur ses malheurs et son incompréhension de la gente féminine…

 

« Et sinon, tu vis où ? » J’essaye désespérément de trouver un sujet autre que celui de ses déboires amoureux, qui franchement m’exaspèrent au plus haut point.

 

Alors il m’explique sa dernière aventure : Il a eu une surprise désagréable récemment. Il vient d’acheter une maison à la campagne, et de quitter la maison parentale (à près de 30 ans, c’set bien !) et pour la première fois de sa vie, il s’est fait plaisir en s’achetant une jolie voiture neuve. Je suis ravie pour lui. Le seul soucis, c’est qu’il l’a garée dans son joli garage et que dans la nuit, les eaux de la Seine on monté et la voiture s’est retrouvée sous un mètre d’eau. Sa jolie voiture est déjà morte. Normal, il n’a pas de chance.

 

Là, franchement, je me mords la langue terriblement fort pour ne pas sourire. Et j’attrape mon verre, je bois la grenadine d’une traite et repose le verre. J’ai eu ma dose, ma patience a ses limites.

 

RAS LE BOL

« Bon eh bien tu m’excuses, mais je suis fatiguée, je me lève tôt demain et j’ai pas trop le temps de discuter. » Sur ce, je me lève, et lui, tout surpris me demande si je ne veux pas un autre verre. Je refuse poliment, et je me dirige vers la sortie. Je crois que dans ce rendez-vous là, j'ai battu un record en terme de rendez-vous écourté.
Maximum un quart d'heure, et c'est généreux!

 

Il insiste pour me raccompagner jusqu’à ma voiture, dans le genre collant, mielleux, on fait difficilement mieux… Il sera également difficile de m’en débarrasser car même la portière ouverte, il ne comprend pas le message et continue à parler de lui, de ses malheurs, de ses problèmes de communication avec les femmes, bref, j’ai le droit au Tome 1 des « Malheurs de Philippe » et je sais d’avance que je ne voudrai pas du Tome 2.

 

Il me supplie presque de l’autoriser à me rappeler et ce n’est qu’à cette condition que je le vois me laisser le passage vers ma voiture ou je me glisse avec soulagement. « oh, c’est gentil ça, parce que tu comprends, d’habitude les femmes, elles me disent que ce n’est pas la peine que je les rappelle, alors c’est drôlement gentil de ta part ! » Moi, je démarre, et je n’ai qu’une hâte, être loin de lui !

 

Inutile de dire qu’il m’a rappelée dès le lendemain soir en bafouillant au téléphone. Là, je n’ai pas été tendre avec lui, mais j’ai préféré être claire dès le début et je l’ai remercié en lui disant que je ne souhaitais pas le revoir, mais bonne chance dans sa recherche. La conversation fut courte, mais claire. J’avais assez perdu de temps.

 

En tous cas, pour lui le pauvre, j’ai agis comme toutes les autres femmes en lui refusant un autre rendez-vous. Pas de chance !

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maylis 11/01/2006 20:14

génial ton mister bad luck dis moi! tu en as connu bcp d'autres comme ça Marjo? hier j'ai posté un florilège des plans les + foireux, si tu veux y mettre ton pti grain de sel m'est avis que ça te rappellera des trucs, ils sont gratinés des fois c dingue gros bisous ma belle

Whereistheone, alias Marjorie 11/01/2006 21:36

ok je file voir ca, a mon avis, ca va effectivement me rappeler des souvenirs! Bisous!

sully 10/01/2006 21:50

hé bien tu es prolifique toi au niveau article!!!Cool, comme ça tous les soirs en rentrant d'une dure journée de labeur j'aurai un écrit qui m'attendra...ils feraient pas le menage, le repassage et la bouf tes articles desfois? Bon ok ils me font rire on peut pas tout leur demander non plus ;-).